Dimanche 11 décembre 7 11 /12 /Déc 14:50

wu-lyf.jpg

 

Les mystérieux 4 jeunes de WU LYF étaient de passage à L’Epicerie Moderne vendredi soir pour clore leur tournée 2011. Pour ceux qui ne connaissent pas, il faudra vite vous mettre à la page car ils sont déjà un phénomène assez incroyable. Ils ont sorti cette année leur premier album auto-produit et enregistré dans une église, intitulé «Go Tell Fire To The Mountain». Un guitariste, un bassiste, un batteur, et un chanteur/claviériste. Jusque là, pas de surprise. Or, les 10 chansons que nous proposent ces jeunes de Manchester sont uniques et font souffler un vent de renouveau sur la musique actuelle. WU LYF, c’est pour World Unite Lucifer Youth Foundation, une «association à but non-lucratif établie en 1998, sur les valeurs véritables et concrètes d’une jeunesse autonome».

 

Plus qu’une simple révolte, c’est une véritable révolution à laquelle appellent ces jeunes mancuniens, et pas seulement musicale. «Go tell fire» ne cessent-ils de répéter dans leur chansons, jusqu’au titre de leur album. C’est à dire fais passer le message, le message de cette jeunesse désespérée qui ne se reconnaît plus dans ce vieux système actuel. Alertes les gens autour de toi, ils ne sont pas seuls. On ressent tous le même dégoût, on a tous l’envie de passer à autre chose. Plus fort que Occupy Wall Street, WU LYF est un véritable phénomène qui n’aspire qu’à prendre encore plus d’ampleur. Et leur prestation d’hier soir à L’Epicerie Moderne nous fait nous dire que rien ne semble pouvoir les stopper.

Ces types dégagent une puissance et une énergie incroyable, et la foule ne demande qu’à suivre. Le public est déchaîné, l’ambiance est plus rock’n’roll que jamais. Et les nombreux stage-diving du chanteur comme du bassiste ne font qu’attiser le feu. Le guitariste se la joue Pete Townshend et explose sa guitare contre le sol puis contre le clavier. Malgré leur relativement faible notoriété, ceux qui les suivent sont littéralement fanatiques, et même si les 3/4 de la foule était composée de jeunes (voire très jeunes), on a aperçu quelques moins jeunes, la cinquantaine bien entamée (voire consumée). Et les 4 types ont déjà joué au Japon, en Australie, en Europe et en Amérique, s’il vous plaît !

WU LYF prend de l’ampleur et c’est tant mieux. J’avais tendance à penser que le monde n’était pas encore prêt pour la musique novatrice de WU LYF, mais peut-être que finalement ce groupe va devenir immense, ce qui ne serait franchement pas volé ! Leurs chansons sont d’une puissance éblouissante, d’une profondeur incroyable. Et, contrairement à beaucoup de groupes depuis un moment, ils ont quelque chose à dire ! Leurs chansons, des sortes de protest-songs du 3ème millénaire, sont autant de témoignages d’une jeunesse désespérée, ils en appellent à Lucifer, crachent du sang, rêvent d’un soleil doré et d’une fraternité universelle. La voix déchirée et meurtrie du chanteur évoque des douleurs profondes qu’il transmet avec une émotion bouleversante. Ils disent jouer de l’heavy pop, et cultivent le mystère autour de leur groupe. Des artistes de divers horizons ont déjà souscrit à leur association, ce qui leur permet ensuite d’enregistrer eux-mêmes leurs disques, car ils comptent bien ne pas se faire manager par qui que ce soit.


Si vous ne connaissez pas WU LYF, courez acheter leur disque ! Leurs hymnes militaires désespérés sur lesquels le chanteur s’époumone ne vous laisseront pas de marbre. Et si vous voulez les connaître encore mieux, allez les voir en concert, ils seront on the road again dés fin janvier, avec d’abord des dates en Australie, Nouvelle-Zélande, et Japon, mais ne tarderont certainement pas à revenir en Europe. Comme le faisait remarquer très justement un critique des Inrocks, «le 3ème millénaire commence avec WU LYF». Êtes-vous prêts pour le futur ? Ecoutez «Go Tell Fire To The Mountain» et vous en aurez une petite idée. En un mot (et beaucoup de significations) : WU LYF, c’est époustouflant.

 

 

"Now were spitting blood like the golden sun god (...) We are so happy, happy to see, all of our children will run blind and free (...) Outside I'm lying, inside I'm dead/ the tears in my eyes/ fall from books I have read/ If I could talk to you/ and only speak the truth/ all this wolf noise wouldn't start calling now"

Par still-music
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 22 novembre 2 22 /11 /Nov 14:46
Mylo Xyloto          Coldplay

Le dernier album des anglais de Coldplay, Viva La Vida or Death And All His Friends (album le plus vendu du monde en 2008, s’il vous plaît !) les avait propulsés au rang de superstars, trônant près de U2 et Radiohead. C’est dire si leur nouvel album était attendu de pied ferme ! Allaient-ils renouveler leurs excellents 4 premiers albums ? Allaient-ils nous surprendre ?

Le premier extrait de Mylo Xyloto, «Every Teardrop Is A Waterfall», annonçait d’emblée la mauvaise surprise qu’ils étaient sur le point de nous faire. Inspiré du tube disco de Peter Allen, «I Go To Rio», Every Teardrop s’avère être un tube en puissance qui fera danser des millions de gens certainement, avec Chris Martin qui se la joue on ne sait trop quoi. Bref, très peu pour moi.

 

 

Le reste de l’album est du même goût, malheureusement. On est d’abord étonné de voir que le disque contient 14 chansons, on se dit qu’ils ont eu beaucoup d’inspiration sur ce coup là. Mais non, il faut enlever 3 «interludes» de 40 secondes en moyenne chacun, qui n’apportent strictement rien à l’ensemble, si ce n’est pouvoir afficher 14 morceaux à l’arrière de la pochette !

«Hurts Like Heaven» est une horreur, purement et simplement. Une chanson plus pop que Lady Gaga, au tempo rapide, et dont les 4 min se font bien ressentir. Puis, c’est le second extrait de l’album, «Paradise», qui s’avère encore plus mauvais que «Every Teardrop» et «Hurts Like Heaven» réunies. Une mélodie simpliste digne de ces artistes dits «R’n’B» et un nouveau tube calibré pour les ondes fm. Coldplay semble être tombé bien bas.

«Charlie Brown» commence par une sorte de Crazy Frog qui chante au loin. Et puis surprise ! Eh ben non ! C’est du Viva La Vida copié et recopié, puis collé et recollé, avec l’authenticité en moins. Ah quand on a trouvé la recette du pognon, il n’y a pas de raison de creuser à côté ! Tout cela est attristant et affligeant, mais fera certainement chavirer les stades.

Ce que Coldplay fait de mieux reste clairement les ballades. Et ils nous le prouvent encore sur «Us Against The World» où Chris Martin se la joue Parachutes et ça lui va beaucoup mieux que ses tubes radiophoniques ! C’est une petite ballade sympa, sans rien de plus, mais on se laisse agréablement bercer. Malheureusement, le plaisir est de courte durée puisque retentit la très mauvaise chanson (est-il besoin de le rappeler ?) «Every Teardrop Is A Waterfall», qui, bien que très énergique, est d’une simplicité effarante à vous faire presque apprécier Rihanna.

Rihanna justement, il en sera question très bientôt. Mais d’abord, on apprécie «Major Minus» qui s’avère être l’une des chansons les plus réussies de l’album. Originale et entraînante, on se surprend à taper du pied. On fermera les yeux sur le refrain. La courte ballade suivante s’intitule «U.F.O.» et nous prouve une fois de plus que c’est bien dans ce style que Coldplay s’illustre le mieux. Il manque tout de même l’émotion si particulière ressentie à l’écoute de Parachutes, leur premier album.

L’heure a sonnée ! C’en est fini pour Coldplay. Terminé. Game Over. Ils ont choisi Rihanna pour chanter sur «Princess Of China». En bref, c’est une chanson électro-moche, synthétique, complètement retouchée, à l’image de la strip-teaseuse de la Barbade qui vient poser sa voix insupportable aux côtés de Chris Martin qui se la joue pour le coup rappeur. En entendant ce morceau, on repense aux autres de l’album, et on se dit que finalement c’était vachement mieux avant !

Peut-être est-ce encore l’effet post-Rihanna qui agit lorsque je trouve la chanson suivante «Up In Flames» du meilleur goût. Mais honnêtement, on croirait presque avoir retrouvé le Coldplay de la bonne époque, avec une mélodie simple mais efficace, douce et accrocheuse. Un peu trop courte.

«Don’t Let It Break Your Heart» revient à l’énergie des premiers morceaux, en mieux réussi. Là aussi, on fermera les yeux sur la fin. La fin que voilà ! Quel plaisir de voir qu’enfin le dernier morceau est là ! Chris Martin avait pensé à trouver quelqu’un pour faire un duo sur «Up With The Birds», mais franchement je crois que c’est mieux ainsi. Rihanna une fois, ça suffit. L’album se termine donc d’une plutôt belle façon avec cette ballade qui vient nous surprendre par son rythme plus entraînant sur la fin.

 


La première réaction qui fut la mienne à l’écoute de l’album a été : «C’est quoi cette merde ?». La deuxième a été : «c’est un peu mieux vers la toute fin». La réaction finale qui ne surprendra personne est la suivante : allons réécouter les anciens albums de Coldplay !

Eh oui, hélas, Chris Martin et sa bande sont tombés dans le piège à fric dans lequel est tombé il y a peu Maroon 5.  Quand ils ne nous balancent pas des gros tubes calibrés pour la radio, ils ne se prennent pas la tête et se la jouent Parachutes ou Viva La Vida.

Assurément, Coldplay remplira les stades aux quatre coins du monde, assurément aussi ils attireront de nouveaux admirateurs, tous ces jeunes qui trouvaient leur musique trop calme jusque-là, pas assez «dance». À ceux-là : rassurez-vous ! Coldplay vous a fraîchement préparé quelques chansons sur lesquelles vous pourrez danser en boîte de nuit ! En plus, vous avez de la chance, ils ont fait un duo avec Rihanna !

Par still-music
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 7 novembre 1 07 /11 /Nov 19:47

Décidément, ce week-end le thème c’était les compositeurs sous-estimés. Après John Cale à L’Epicerie Moderne, place au mythique Alice Cooper à la Halle Tony Garnier.

 

 

Lorsque j’entre dans l’enceinte de la Halle Tony Garnier à 19h, j’entends déjà au loin un chanteur dont la voix se situe entre celle de Bon Scott et de Myles Kennedy. Ce groupe qui fait péter les watts, c’est The Treatment. 

Un groupe composé de 5 jeunes chevelus excités, qui tentent de mettre l’ambiance à grand renfort de fumigènes. Le batteur martèle ses cymbales, le guitariste soliste fait crier sa guitare, le chanteur essaye vainement de faire bouger la foule avec des «COOOME OOOOOOOOONN» répétés inlassablement à 30 secondes d’intervalle. Mais rien n’y fait, le public ne semble pas accrocher, bien que de timides signes rock de la main se fassent voir. Un des guitaristes a beau nous mettre des solos effrayants de technicité dans les oreilles, en se pointant sur le devant de la scène caché derrière ses longs cheveux bouclés, rien n’y fait. On croirait voir Slash, mais il lui manque le chapeau...ça doit être ça.

C’est dommage, ils méritaient certainement un meilleur traitement (jeu de mot bidon je vous le concède). Ils semblent bien jeunes en tout cas, et quand on se rend sur leur myspace on apprend que la moyenne d’âge du groupe est de 18 ans. Et là on se dit «ah ouais, quand même !».

 

Entracte avant que la vedette de la soirée (Alice Cooper pour ceux qui n’auraient pas suivi) n’arrive. Entracte pendant lequel on passe la musique... d’Alice Cooper ! Allez savoir pourquoi. Retentit notamment ‘I Am Made Of You’, que je m’abstiendrai de commenter. Certains disent qu’elle fera à coup sûr un bon tube. Je n’en doute, malheureusement, pas... Mais, ce soir pas de «Welcome 2 My Nightmare», son dernier album en date, si ce n’est une petite chanson.

En effet, Mister Cooper est actuellement sur sa tournée intitulée «No More Mr. Nice Guy Tour», la tournée pour son nouvel album étant prévue en 2012. Et alors, Alice Cooper : nice ou pas ?

 

La mythique voix de Vincent Price résonne dans la salle, en guise d’introduction au morceau ‘The Black Widow’. Le rideau tombe et découvre Alice Cooper perché sur un escalier, vêtu de ses belles pattes d’araignée. Mise en scène à l’américaine, annonçant la couleur du show de ce soir.

Car, oui, c’est un véritable show auquel on assiste ce soir. ‘Brutal Planet' nous montre un Alice Cooper en pleine forme qui distribue les solos de guitare à l’aide de son bâton magique. Chef d’orchestre il le sera également sur son long ‘Halo Of Flies’.

Mais d’abord, il nous envoie tubes sur tubes avec ‘I’m Eighteen’, suivi de ‘Under My Wheels’, puis ‘Billion Dollar Babies’, chanson sur laquelle il s’amuse à lancer des dollars dans la foule (en temps de crise, c’est tout de même pas très sérieux Alice, non ?). Puis, le riff mythique de ‘No More Mr. Nice Guy’ est lancé, pour une version dont on ne pourra pas vanter les qualités d’improvisation. Eh oui, Alice Cooper ne se prend pas la tête, il nous envoie ses gros tubes, les chante exactement comme sur ses disques, ne les fait pas durer un millième de seconde de plus, à tel point que l’on jurerait entendre le frottement du saphir sur le sillon, là-bas, pas très loin derrière.

Alice Cooper est un showman, un vrai, un dur. Sur ‘Is It My Body?’, il se ramène avec un serpent autour du cou, je vous laisse en imaginer l’effet sur la foule. On crie, on saute, on est content ! «Ouaaaaaiiiis, un serpeeeeent!!!» (à crier avec une grosse voix de métalleux, sinon on est pas crédible).

Après avoir joué les chef d’orchestre sur ‘Halo Of Flies’, il s’éclipse en coulisses et laisse la place à son bassiste Chuck Garric qui se lance dans des apostrophes à la foule sous forme de «HEYY HEYY» afin de garder le niveau d’excitation atteint par Alice. Et alors c’est Glen Sobel qui à la batterie nous délivre un solo effarant de technique et de rapidité, où la double grosse caisse et les lancers de baguettes font bon ménage. Là où le pauvre batteur de la première partie se plantait, le batteur expérimenté de Cooper s’illustre magnifiquement.

Le père du shock rock revient alors avec marqué au dos de sa veste noire «New Song». Lorsqu’il l’enlève, on découvre une chemise blanche ensanglantée nous indiquant «I’ll Bite Your Face Off». C’est un morceau très stonien avec un refrain accrocheur, du pur rock’n’roll !

Encore une fois, il se retire de la scène, avec tous ses musiciens cette fois, à l’exception de sa jeune nouvelle guitariste arrivée à ses côtés en août pour remplacer Damon Johnson parti rejoindre Thin Lizzy. Son nom vous dira sûrement quelque chose : Orianthi. Elle est connue pour avoir joué avec Michael Jackson lors de ses ultimes répétitions de «This Is It». Elle nous offre alors un solo dont je ne sais trop quoi dire hormis : la classe.

Place à la ballade ‘Only Women Bleed’, révélatrice des grands talents de compositeur d’Alice Cooper. Il danse avec une poupée, puis prend un plaisir sadique à la frapper et la balancer par terre. Suit ‘Cold Ethyl’, grande chanson nécrophile, à la fin de laquelle il embrasse sa poupée. Ce type ne se prend décidément pas au sérieux, mais il hypnotise clairement tout le monde.

Pour la chanson suivante, il nous réapparaît en Frankenstein en blouse blanche puis soudainement surgit son sosie géant scandant «Feeeeed myyyyyy Frankeensteiiin!».

Lorsqu’il nous réapparaît en humain (presque) normal, il transperce un photographe plutôt collant qui finit par vraiment l’agacer. Mais le vilain Alice est arrêté et se fait trancher la tête par un vote à l’applaudimètre. Cooper mort, c’est donc son bassiste qui reprend le flambeau en criant le refrain de ‘I Love The Dead’. On regrettera que cet excellent morceau ne soit pas joué dans son intégralité, mais visiblement le temps est compté.

Soyez sans crainte, Alice Cooper ressuscite par un miracle divin et vient annoncer la sortie des classes (en reprenant une partie de ‘Another Brick In The Wall’ de Pink Floyd) dans un festival de ballons, de confettis et de guirlandes de Noël. «It’s party time!», crie-t-il. Après une fête d’au moins 3 minutes, ils sortent de scène, et sans qu’on ait même le temps de les rappeler, reviennent au bout d’une minute chrono pour le final ‘Elected’. Alice Cooper brandit le drapeau de la France, exhibe son beau maillot de l’OL numéroté 18, présente son groupe et finit en déclarant : «And playing the part of Alice Cooper tonight : Vincent Furnier».

 

Verdict ? Très bon show, du grand divertissement. Les musiciens sont excellents, Alice Cooper est en grande forme. Seul (gros) souci : où est l’authenticité là-dedans ? Où est l’improvisation ? Où est le plaisir de jouer de la musique ? Malheureusement, de ce côté là, il faut dire les choses comme elles le sont, Alice Cooper n’est vraiment pas convaincant. Et c’est dommage, sachant que c’est l’un des grands artistes de ce monde, capable d’écrire des morceaux hallucinants, il ne prend aucun risque, se contente de délivrer un show millimétré, les morceaux sont enchaînés à toute vitesse pour ne perdre aucune seconde, et la musique se noie dans un festival d’accessoires plus extravagants les uns que les autres.

Mais, ne vous inquiétez pas, vous pouvez aller voir Alice Cooper et passer un très bon moment (c’est vrai qu’avoir 18 ans et pouvoir chanter ‘I’m Eighteen’ avec Alice Cooper c’est plutôt cool!). Cependant, sachez qu’on vient le voir pour le spectacle et non pour la musique car ses disques font très bien l’affaire !

 

 

Setlist complète :

 

1. The Black Widow (Vincent Price Intro)

2. Brutal Planet

3. I'm Eighteen

4. Under My Wheels

5. Billion Dollar Babies

6. No More Mr. Nice Guy

7. Hey Stoopid

8. Is It My Body?

9. Halo Of Flies (drum solo)

10. I'll Bite Your Face Off

11. Muscle Of Love (guitar solo)

12. Only Women Bleed

13. Cold Ethyl

14. Feed My Frankenstein

15. Clones (We're All)

16. Poison

17. Wicked Young Man (I Love The Dead chorus)

18. School's Out (Another Brick In The Wall chorus)

Encore

19. Elected

 

Ci-dessous, l'excellent 'I Love The Dead' extrait de l'album "Billion Dollar Babies" (1973) :

Par still-music - Communauté : webzine musical
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 6 novembre 7 06 /11 /Nov 13:52

Hier soir, John Cale finissait en beauté sa tournée française en faisant une halte à L’Epicerie Moderne de Feyzin, dans l’agglomération lyonnaise.

Alors, bien sûr, si je vous dis John Cale vous me dites ?... The Velvet Underground. Ok, il en était le co-fondateur avec Lou Reed. Mais quoi d’autre ? Ah oui c’est déjà plus dur là ! Eh bien sachez que depuis 1970 (soit deux ans après son dernier album avec le Velvet), notre ami John a sorti près de 15 albums solos, quelques live et plusieurs EPs. Alors là vous parvenez à me citer brièvement son chef-d’oeuvre «Paris 1919» sorti en 1973, vous pouvez m’évoquer son excellente reprise du «Heartbreak Hotel» d’Elvis, sa reprise du «Hallelujah» de Cohen (inspirant à Jeff Buckley son tube inter-planétaire). Ok, ok, très bien. Mais alors prenez John Cale. Enlevez lui le Velvet Underground, retirez-lui de sa discographie «Paris 1919», oubliez ses reprises du King et du moine bouddhiste. Vous trouverez bon nombre de pépites d’un des artistes les plus sous-estimés de sa génération.

 

 

Voilà le pari qu’a voulu tenir John Cale hier soir à L’Epicerie Moderne. Nous prouver que «1968, it’s all over» comme il le chante dans ‘Hey Ray’, extrait de son dernier EP intitulé «Extra Playful» et sorti en septembre.

Il va piocher dans pas moins de 10 albums de sa carrière solo pour composer sa setlist, et des morceaux datant de 1970 sonnent toujours autant aujourd’hui.

Alors que la salle se remplit péniblement, une longue plainte de violon désaccordé résonne dans la petite salle pouvant accueillir jusqu’à quelques 400 spectateurs pendant près d’un quart d’heure. Puis, très sobrement, John et son groupe entrent en scène ensemble. Côté décor, on comprend bien que Cale est là pour faire de la musique et rien d’autre. Sobriété semble être le mot d’ordre.

Classe aussi, quand il prend sa guitare acoustique pour les deux premiers morceaux, ‘Dancing Undercover’ et ‘Ghost Story’. Il fait du rock et il le fait bien ! Le groupe composé d’un guitariste soliste bluffant, d’un batteur hors norme (dans les deux sens du terme), et d’un bassiste discret mais impressionnant de technique, est à la hauteur du grand John.

Il va alors à son clavier et entame son immense ‘Captain Hook’ (là aussi dans les deux sens du terme) de plus de 10 minutes, hypnotisant et énergique. Privilégiant son clavier à sa guitare, il enchaîne des morceaux des années 70 et d’autres beaucoup plus récents, nous interprétant d’ailleurs dans son intégralité son dernier EP «Extra Playful».

À noter ‘Hush’ tout droit sorti de son (excellent) album «blackAcetate» de 2005, qu’il joue au clavier et ouvre sur ‘Outta The Bag’ pour laquelle il se saisit de sa Fender Stratocaster rouge et défonce littéralement tout, jouant un rock puissant et renversant !

Il reste encore quelques morceaux à la guitare, électrique puis acoustique, avant de retourner à son cher clavier derrière lequel, il faut le souligner, il fait preuve d’une créativité époustouflante. John nous en met d’ailleurs plein les oreilles pour son dernier morceau au clavier avec un ‘Dirty Ass Rock’N’Roll’ survolté, s’époumonant, bougeant comme un jeunot de 20 ans. On ressent qu’ils se donnent tous à fond, et prennent un vrai plaisir de gamin à jouer la musique qu’ils aiment.
Cale pioche alors un morceau de plus dans son chef-d’oeuvre oublié de 1975, «Slow Dazzle». Reprenant sa Fender, il nous délivre avec une puissance toujours à son maximum un ‘Guts’ profondément rock !

«Thank you very much» dit-il, puis s’en va. Non, non, non ! On en veut une autre, le public réclame, jusqu’à ce que notre bon vieux John réapparaisse, et comme si tout le monde n’était pas encore convaincu de la pêche du bonhomme, il nous envoie en pleine figure un ‘Gun’ qu’il fait partir en improvisation généralisée, à tel point que le batteur guette le signe de John pour finir. «I didn’t want to stop it» nous lance-t-il.

 


Tantôt délicat et émouvant, tantôt fougueux et rock’n’roll, John Cale prouve sobrement qu’il figure parmi les plus grands artistes du siècle passé, mais surtout qu’il n’a pas du tout dit son dernier mot et se place toujours à l’avant-garde.

Il le dit dans l’un de ses derniers morceaux : «Say hello to the future, and goodbye to the past»...

 

La setlist complète :

  1.  Dancing Undercover (acoustic guitar)
  2.  Ghost Story (acoustic guitar)
  3.  Captain Hook (keyboard)
  4.  Amsterdam (keyboard)
  5.  Look Horizon (keyboard)
  6.  Hey Ray (keyboard)
  7.  Hush (keyboard) >>> Outta The Bag (electric guitar)
  8.  Helen Of Troy (electric guitar)
  9.  Things (acoustic guitar)
  10. Whaddya Mean By That (acoustic guitar)
  11. Catastrofuk (acoustic guitar)
  12. Pile À L’heure (keyboard)
  13. Perfection (keyboard)
  14. Satellite Walk (keyboard)
  15. Dirty Ass Rock’N’Roll (keyboard)
  16. Guts (electric guitar)
    Encore 
  17. Gun (electric guitar)

 

Ci-dessous, 'Captain Hook', l'un des meilleurs morceaux de John Cale, extrait de son album "Sabotage/Live" de 1979 :


Par still-music
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 5 novembre 6 05 /11 /Nov 00:46

Father, Son, Holy Ghost           Girls

 

Girls are back ! Après leur premier «Album» (c’est son nom !) il y a deux ans, Christopher Owens et Chet ‘Jr’ White reviennent avec ce «Father, Son, Holy Ghost» qui est plus que bienvenu !

C’est à San Francisco que les Girls ont enregistré ce second LP, avec quelques exigences particulières. «Je voulais un véritable environnement, pas un simple studio», dit White. Et c’est donc loin du confinement stérile d’un studio qu’ils ont écrit et composé cet album. Et autant vous dire que ça leur a plutôt réussi !

father-son-holy-ghost.jpg


Les Girls envoient très fort dés le début avec ‘Honey Bunny’, sa rythmique tribale, sa mélodie entêtante, et la voix irrésistible d’Owens. Dés le premier morceau, les ingrédients de la réussite sont réunis. Les Beach Boys ne sont pas loin, le soleil non plus.

La chanson qui suit, ‘Alex’, est de très bonne facture également. L’atmosphère est plus lourde, le jeu aussi, mais il faut se rendre à l’évidence : ces types savent composer ! Et alors, on se prend une claque avec l’étonnant ‘Die’, toutes guitares dehors. Un riff rock’n’roll du genre qu’on entend pas tous les matins à la radio ! Leur jeu transpire l’énergie et l’authenticité, et s’il est encore besoin de vous le prouver, écoutez donc ‘Vomit’, ce morceau de plus de 6 minutes commençant avec un arpège doux et pesant à la fois, éclatant au refrain, ingénieux de musicalité et d’émotion. Le final à grand renfort de backing vocals et d’orgue est tout aussi grandiose.

Le groupe nous réserve quelques ballades de qualité : ‘Saying I Love You’, ‘My Ma’, ‘Just A Song’. Des airs qui vous restent dans la tête pour la journée (au moins), des choeurs envoûtants, de la finesse et de la légèreté. À noter ‘Just A Song’ et ses paroles dépressives (jugez plutôt : «it seems like nobody’s happy now, it feels like it’s gone»), à écouter dans un moment de déprime : effet assuré !

Mais à côté de ces ballades plutôt très réussies, ‘Forgiveness’ s’éternise, ennuie, endort presque. «Nothing’s gonna get any better», chante-t-il, histoire de me saper le moral encore un peu plus. Et pourtant, je continue d’y croire ! J’attends la note salvatrice. J’attends un moment. Un peu plus de 5 minutes pour qu’enfin la batterie vienne nous relever de terre, qu’un solo de guitare attire quelque peu notre attention, mais bizarrement l’émotion ne passe pas. «And you’ll have to forgive me brother», me chante-il encore dans le creux de l’oreille. Alors, ok, pour cette fois ça passe !

Heureusement, juste avant cette faiblesse, ‘Magic’ est venu nous réveiller, nous ramener de la bonne humeur. On retrouve la fraicheur du premier morceau et ce son plutôt poppy au fond, mais c’est une pop qui nous invite à pousser la chansonnette et fait du bien ! Le ternaire de ‘Love Like A River’ fait également beaucoup de bien après la déception de ‘Forgiveness’, mais malheureusement l’album se termine sur une injustice dommageable.


‘Jamie Marie’ vient clore l’album de la plus belle des manières qui soit. Eh oui ! C’est une chanson qui exige le silence. Planant. Hypnotique. L’entrée de la batterie et de l’orgue pour le final me met littéralement à genoux, il n’en faut pas plus pour toucher au coeur. Sobriété. Musicalité. Classe. Mais bordel, pourquoi cette fin soudaine ??!

 

 

PlussssPlusss : Vomit. À écouter encore et encore ! Du très grand, morceau irréprochable. Authenticité, émotion et musicalité sont les maîtres-mots.

 

MoinsssMoinsss : Forgiveness. À raccourcir encore et encore ! Beaucoup trop long, ‘Jamie Marie’ méritait plus de minutes !

Par still-music
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Une chanson

Ben Harper - Forgiven
Album : Burn To Shine (1999)
burn-to-shine.jpg

Recherche

Calendrier

Juillet 2014
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus